Baba Hamdy, auteur et compositeur: « Je trouve qu’il est temps qu’un nouveau Pca soit nommé au Bsda »

 Baba Hamdy, auteur et compositeur: "Je trouve qu’il est temps qu’un nouveau Pca soit nommé au Bsda"

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Baba Hamdy, auteur et compositeur: « Je trouve qu’il est temps qu’un nouveau Pca soit nommé au Bsda »

Après la nomination de Mounirou Sy à la tête du Bureau sénégalais des droits d’auteurs (Bsda), le Pca de la structure, Aziz Dieng a fait une sortie fracassante dans la presse pour dénoncer le fait que le salaire de ce nouveau directeur soit doublé seulement quinze jours après qu’il soit porté à la tête de la boite. Dans le milieu du Show Biz, d’autres artistes ont un avis contraire à celui de Aziz Dieng. C’est le cas de Baba Hamdy, auteur et compositeur, qui trouve que le salaire de l’ancienne directrice, estimé à 1,5 millions de Fcfa est bien minime pour un directeur de société qui gère plusieurs centaines de millions. Selon le musicien, un petit salaire encouragerait des malversations. Aussi, l’auteur de « You mélodies » préconise que le Pca Aziz Dieng soit remplacé, pour avoir fait plusieurs années là-bas. Baba Hamdy, demande également au Président Macky Sall de nommer un conseiller spécial parmi les membres de l’association des musiciens sénégalais « Clé de sol » pour mieux prendre en charge leurs préoccupations.

L’As : Qu’est ce que vous pensez de la nomination d’un nouveau directeur au Bsda après une dizaine d’années passées par Mme Siby à la tête de cette structure?

Baba Hamdy : Je sais que c’est très bien de procéder à des changements de temps à autre. Et puisque qu’on a changé le directeur, pourquoi ne pas nommer aussi un nouveau président de conseil d’administration. Et pour changer le Pca il ne faut pas prendre n’importe qui. C’est très important que le Pca du Bsda soit quelqu’un de très actif dans le milieu artistique, qui a de l’expérience et qui a beaucoup fait pour l’art en général et la musique en particulier. Nous interpellons le président de la République et le ministre de la Culture, pour que ce nouveau Pca soit membre de notre association dénommée « Clé de sol » et qui regroupe beaucoup de musiciens en activité. Nous souhaitons également que le Président Macky Sall nomme un conseiller culturel parmi ces musiciens de « clé de sol ».

Le salaire du nouveau directeur du Bsda a suscité des polémiques, conduisant le Pca Aziz Dieng à le dénoncer dans la presse. Qu’es-ce que vous en pensez en tant que musicien ?

Je pense très sérieusement, sans méchanceté aucune, qu’il faudrait quand même recentrer un peu le débat. A mon humble avis, un salaire de 1,5 millions c’est minime pour un directeur de société.

Selon vous, qu’est-ce qui est raisonnable pour un directeur ?

A mon avis les 3 millions sont très raisonnables. Ce qu’il faudrait plutôt dénoncer, ce sont les 35% que le Bsda prélève à chaque musicien, ce que je trouve un peu exagéré et il faudrait revoir cela. A mon avis madame Siby a fait du bon boulot et Aziz Dieng pareil, mais c’est le moment de procéder à des changements. Donc il faudrait changer de Pca comme on a changé de Directeur cela peu nous mener à d’autres résultats beaucoup plus prometteur. Et pour nous c’est important qu’il soit membre de « Clé de sol ».

Mounirou Sy lui-même a révélé que Mme Siby avait renoncé à beaucoup de privilèges, ce qui explique la différence entre leurs deux salaires. Qui sait ? Peut être que le Bsda ne peut pas payer plus que ça à son directeur?

En ce qui me concerne, je ne maitrise pas trop le fonctionnement du Bsda. Ce que je maitrise, ceux sont mes droits. Je sais par exemple, quels sont les droits que j’arrive à percevoir, quels sont les droits que je ne perçois pas. Quant aux privilèges je sais qu’un directeur doit être véhiculé, avoir un logement de fonction, etc. Et un directeur c’est un directeur. Les privilèges il faut en avoir. Si tu renonce à tout cela c’est peut être parce que tu as d’autres sources. Mme Siby je ne la connais qu’à travers le Bsda où elle a fait du bon travail et sincèrement je ne saurais dire s’il a eu d’autres revenus que ceux du Bsda. Je sais que le Bsda retire 35% sur les droits des artistes et je sais aussi que la Rts verse 25 millions de redevance par année. Rien que cela peut porter préjudice aux artistes car dans ces 25 millions, même les droits de Michael Jackson en font parti. C’est pour tous les artistes.

Vu le niveau de vie de certains artistes, est-ce que vous ressentez vraiment ces 35% ponctionnés par le Bsda sur vos redevances?

On le ressent et c’est la raison pour laquelle j’attire l’attention des artistes sur leur droit afin qu’ils soient au courant de ce qui se passe. Aujourd’hui le Bsda prend 35% de leurs droits. C’est à dire à chaque fois qu’on te paye, que ça soit des droits d’auteur, des droits mécaniques, etc. 35% vont aller dans les caisses du Bsda, ce que je trouve anormal. C’est beaucoup trop. Même la France qui est quatre fois plus grand que le Sénégal ne prend pas 35% sur les droits des artistes. Je pense qu’il faudrait mettre en place le plus rapidement cette société de gestion collective pour résoudre beaucoup plus rapidement les problèmes et pour résoudre ces problèmes des artistes.

Aujourd’hui est-ce qu’on peut dire que les artistes sont mieux payés vu le nombre important de Radios et Télés qui existent au Sénégal ?

Non. Les artistes ne sont pas mieux payés car toutes les radios ne paient pas et toutes les télés privées non plus. Ils ne paient pas parce que tout simplement la Rts ne donne pas le bon exemple. Il est temps de commencer avec ce nouveau régime au pouvoir. Pendant les dernières campagnes électorales, que ça soit pour la présidentielle comme pour les législatives, les hommes politiques n’avaient pas payé de droits au Bsda et il est temps de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Désormais il faut que tout le monde soit en règle avec le Bsda. Il y a tellement de structures qui ne paient pas ces droits là tels que les clubs de Jazz, les boites de nuit, il y’en a beaucoup qui ne sont pas en règle. Il faut que ces gens là paient les droits des artistes pour leurs réserver un avenir radieux.

En tant qu’artiste, que pensez-vous de la nomination de Youssou Ndour à la tête du ministère de la Culture ?

En tant qu’artiste je pense que c’est une très bonne chose ça veut totalement dire que la musique a fait un pas énorme dans la vie de tous les jours des Sénégalais raison pour laquelle un musicien est devenu le ministre de la culture. Je pense aujourd’hui Youssou Ndour n’est pas dentiste, il est musicien et il maitrise son ministère, ce que je trouve très bien à mon avis parce que je connais l’homme, je connais la personne et c’est quelqu’un de très ambitieux quelqu’un de très perfectionniste donc c’est sûr qu’il va apporter quelque chose de nouveau. Et il l’a même déjà commencé en ouvrant le grand théâtre pour que les artistes puissent s’y produire et d’autres choses aussi qui vont suivre.

Pourquoi proposez-vous un conseiller parmi les artistes de « clé de sol », et pas un artiste tout simplement ?

Je propose cela parce que je suis dans le milieu depuis plusieurs années. On ne peut pas investir d’énormes sommes d’argent dans ce milieu et ensuite rester les bras croisés. Ce serait vraiment trop injuste de notre part car on ne récolte que ce que l’on a semé. Il faut donc rendre à César ce qui appartient à César. Pour cela nous proposons qu’un nouveau Pca du Bsda et un conseiller culturel soit nommés au sein de notre association. Nous avons des membres très compétant et je peux en citer quelques un comme Vieux Mac Faye, Papis Konaté, Lamine Faye ou encore Ibou Ndour et il y en a tant d’autres. Je suis convaincu que ces gens là vont faire des résultats. Je ne dirais pas que nous sommes les seuls, mais nous faisons parti des rares artistes qui organisent tout le temps des spectacles, et en même temps nous produisons tellement d’artistes. Qui dit spectacle et production dit forcément investissement. Nous sommes comme les promoteurs de lutte, nous ne sommes pas tout simplement des arrangeurs. Nous investissons dans l’art et pas simplement dans la musique. Par exemple « Mille Mélodies » (Ndlr : sa maison de production) avait un magazine culturel qu’on avait dénommé « Made in Sénégal » et qui regroupait tous les artistes confondus. Ce magazine servait même de vitrine pour l’occident et montrait tout ce qui se faisait dans notre pays sur le plan culturel.

Pourquoi vous avez arrêté sa publication ?

Nous l’avons arrêté par faute de moyens. Ce n’est pas du tout évident de faire un magazine de 78 pages sans bénéficier d’un quelconque financement. Aujourd’hui nous avons proposé qu’un membre de « Clé de sol » soit le Pca du Bsda pour avoir un œil sur ce qui se passe là-bas. Beaucoup d’artistes ignorent ce qui se passe au Bsda. Je pense que cette structure communique mal avec les artistes. Beaucoup d’artistes ignorent aujourd’hui combien le Bsda leur soutire sur leurs droits. Ils ne savent pas que le Bsda prend 35% sur leurs droits. Je trouve qu’il est important de leur préciser qu’à chaque fois qu’ils ont un millions de Fcfa le Bsda s’approprie les 350 milles Francs, ce que je trouve trop élevé. Même nous les producteurs on ne prend pas plus de 25% sur les recettes des artistes que nous produisons. Et pourtant, c’est nous qui achetons les hologrammes, payons les musiciens et louons les studios, sans parler de la duplication. A la limite nous ne prenons que ce qui est raisonnable. Même si le Bsda n’a pas de subvention de la part de l’Etat, nous trouvons que 35% c’est quant même énorme.

Vous avez sorti récemment un nouvel album, « Never Say Never » où en êtes vous avec la promotion ce cet album ?

La promo se passe bien, même si ce n’est pas comme on le voudrait. Mes activités étaient au ralenti car cette année la mort a frappé deux fois à ma porte. Mon père et mon frère sont décédés en l’espace de neuf mois. Ces événements malheureux ont ralenti toute la communication que j’ai voulu faire pour ce deuxième album. En ce moment nous sommes en stand-by avec le mois de Ramadan et on compte reprendre juste après.

Avez-vous prévu de faire des tournées dans le pays ou à l’étranger ?

Oui bien évidemment. Là je suis en répétition avec les musiciens, en studio. Et après cela nous allons faire une grande sortie, d’abord nationales, pour montrer au public Sénégalais ce qui est dans l’album. Là nous somme en train de discuter avec des tourneurs Italiens pour quelques dates à l’étranger. Nous faisons les choses petit à petit et je peux vous dire que ça promet.

Entretien réalisé par Soukeyna DIOP et Yvette SENE (stagiaire Dirpa)

source…LAS

 

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